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Pensamentos Nómadas

Nomadic Thoughts - Pensées Nomades - Кочевые Мысли - الأفكار البدوية - 游牧理念

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Nomadic Thoughts - Pensées Nomades - Кочевые Мысли - الأفكار البدوية - 游牧理念

Opération Mali (1/4), par Luís Garcia

 

 Bandeira de Azauade

Luís Garcia POLITICA   en français

 L'ORIGINE  DU MAL

L’origine du mal est européen, oui, une fois de plus je montre du doigt notre continent, et en toute logique, il suffit de jeter un bref coup d’œil sur la carte de l’autre continent, l’africain, pour conclure qu'un terre comme celle-ci est habitée par des populations  avec des organisations tribales qui varient entre des centaines et des dizaines de milliers d’individus, absolument pas compatible avec sa carte politique qui, selon des règles et des découpages européens, s’est vue divisée en d’absurdes parties de pays majoritairement de plus d’un million de km² (2 fois la France). Le Rwanda par exemple ! Sans vouloir faire du tout l’apologie de quelque massacre ou barbarie entre les membres d’une même espèce humaine, quand les traits sont dessinés en une ligne droite séparant les membres d’un même peuple de deux côtés d’une nouvelle frontière politique, laissant d’autre part des nations historiquement rivales/ennemies à l’intérieur d’un même Etat politique, il est facile de prévoir que des « guerres civiles » éclatent, et que des « citoyens » traversent  « illégalement » des frontières politiques déclenchant des conflits internationaux qui donnent lieu à des génocides, de la misère et des réfugiés. Le Mali est un exemple parfait, où les gaulois et les anglais se réunirent en privé et de rien, créèrent cet Etat qui n’est en rien une nation, focalisés uniquement sur des intérêts stratégiques et le partage de champs d’action pour chacun des 2 ex-empires. Résultat : un pays grand de 1,24 millions de km² qui s’étend depuis l’Afrique tropicale de population noire (principalement Bambara) au sud jusqu'au centre du désert du Sahara habité au nord par d’innombrables tribus nomades comme les Touaregs ou les Maures. Ne nous étonnons pas alors que des conflits germent et se répètent encore et encore en Afrique, et arrêtons donc ce paternalisme en affirmant que « avec tant de guerres et de misère, ils se trouvaient mieux sous notre joug », non, non, c’est nous qui avons créé ces conditions d’instabilité (pays et frontières artificiels) et de plus, c’est nous qui avons fourni les moyens (armements) pour que ces conflits se déroulent incessamment (dans les 10 premiers exportateurs d’armes se trouvent 7 pays européens, en plus des inévitables États-Unis, Russie et Chine).

 

LES RÉVOLUTIONS TOUARÈGUES

1916-1917- La première révolution touarègue contre le colonisateur français a lieu entre 1916 et 1917 dans les montagnes de l’Aïr (au nord du Niger, dans le désert du Sahara). Un groupe de 1000 hommes menés par 2 frères  (Kaocen et Mokhtar Kodogo) et munis d’armes volées à la Libye italienne, conquièrent plusieurs villes  et les contrôlent sur une courte période de temps à la fin de laquelle les populations qui les appuyaient se retrouvent les victimes silencieuses de persécutions et exécutions. Kaocen finit par être pendu en 1919 et son frère tué par les forces françaises en 1920.

 

1961-1964- La seconde révolution touarègue a eu lieu au Mali, immédiatement à la suite de la création de cet Etat artificiel résultant de la décolonisation française. Les touarègues, un peuple nomade qui se déplace dans le Sahara central et les bords du Sahel, c’est-à dire un vaste espace divisé entre la Libye et l’Algérie, et le Mali et le Niger (1), revendiquait le droit à son autodétermination et à la création d’un propre état à l’intérieur du Sahara qui reflète la réalité démographique de cette zone de la planète, à l’inverse de perpétuer les conséquences néfastes des décisions coloniales françaises et (européennes). La situation s’aggrava lorsque les touarègues avec d’autres groupes minoritaires ne furent pas intégrés dans le nouveau gouvernement malien, et lorsque le gouvernement préconisa une loi de réforme agraire qui pouvait menacer les terres traditionnelles des tribus touarègues, ceux-ci protestèrent. Cela ajouté à l’insatisfaction du nouveau gouvernement mena les touarègues du Nord du Mali à se rebeller en 1961. (2)

 

Dans ce monde, comme cela a déjà été dit plus haut, les guerres se font quand l’occident décide de fournir des armes. À ce moment les touarègues se trouvaient complètement abandonnés et oubliés. Avec un armement quasi inexistant, la rébellion  touarègue se transforma rapidement en guérilla, laquelle n’obtint que de rares succès dans des attaques éclairs contre les forces du pouvoir établit, ce pouvoir qui avec les armes fournies par l’occident, neutralisa complètement la rébellion, commit des massacres contre des civils touarègues et dévasta complètement la région nord du Mali, amenant ainsi les populations touarègues à des conditions de vie misérables et fuir comme réfugiés dans les pays voisins. Bien-sûr l’indépendance du Mali et de ses voisins n’a jamais rien eu à voir avec les valeurs évoquées avec éloquence par les pouvoirs occidentaux qui se vantaient tellement du retour des peuples à la liberté et à l’autodétermination, autant qu'ils firent l’éloge de la noblesse des décisions politiques et des valeurs humaines qui se trouvaient supposément derrière cette vague d’indépendance en Afrique à cette époque. Il n’en est rien : en décolonisant politiquement, l’occident ouvrait le chemin à une colonisation économique, en établissant et en armant des dictatures amies et dociles et en soutenant la répression de peuples (comme les touarègues) qui, dans leur luttes pour la liberté et l’autodétermination, pourraient remettre en cause l’accès aux ressources naturelles désormais exploitées  indirectement à travers ce dernier colonialisme économique.

 

2007-2009 – La troisième rébellion trouve son origine dans le retour massif de populations touarègues dans les années 90, dispersées pendant longtemps en Algérie, en Libye et d’autres zones du Niger et du Mali, qui retournèrent dans leurs régions d’origine. L’autre raison de la rébellion est due à la difficulté pour ces populations de s’intégrer dans la réalité sociale malienne, comme dans la réalité politique, dans laquelle des politiques touarègues intégrés dans des gouvernements nationaux furent rapidement éloignés de leurs charges par des pressions de majorités noires, et finirent souvent emprisonnés. Cette révolution, comme les précédentes,  a été principalement une guerre de guérillas entre rebelles touarègues du nord et les forces armées de la majorité (populations noires du sud). Au contraire des précédentes, cette révolution se termina avec des négociations de paix, par l’intermédiaire de l’Algérie dans le cas du Mali, et de la Libye de Kadhafi dans le cas du Niger. Une des conséquences majeures de cette nouvelle révolution manquée fut l’interruption de la production d’uranium, affectant l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises.

 

2012-2013 (Actualité) – Quoique la cause d’une révolution de plus soit la même depuis toujours – la volonté d’autodétermination des peuples touareg du Mali et des pays limitrophes-, cette fois deux grands catalyseurs entrent en jeu, tous deux made in USA.

  1. D’après le New York Times, ces quatre dernières années les Etats-Unis ont investi 520 à 600 millions de dollars en formation et armement destinés à préparer les forces armées maliennes dans « la lutte contre le terrorisme »  mais au contraire de ce qu'on aurait pu prévoir, ils n’ont pas formé que des militaires des ethnies noires du sud qui gouvernent le pays, mais cette nouvelle force anti-terroriste incluait également des hommes provenant de la minorité touarègue.  En mars 2012, après que des islamistes bien armés provenant de Libye aient envahi le nord-Mali, le général Amadou Sanogo - entraîné par les instructeurs nord-américains- prit la tête du coup d’Etat se déroulant dans le pays. (3) Il se pose ici une question intéressante : ce nouvel échec de l’ingérence nord-américaine serait-il un exemple de plus de sa nullité en matière de politique extérieure et de géostratégie, ou les Etats-Unis auraient-ils agit de leur plein gré, prévoyant une révolution dans laquelle ils auraient été amenés à intervenir plus tard, en se défendant officiellement de la lutte anti-terroriste et de l’exportation de la démocratie, mais pragmatiquement en faveur de ses intérêts domestiques (siège de ressources stratégiques).  C’est-à dire mettre dehors le colonisateur-économique français (son allié et ami quand il convient)  pour ensuite prendre sa place.
  2. Les EUA, avec l’aide cruciale de ses vassaux anglais et français, ont créé une rébellion artificielle en Libye  ont entraîné des mercenaires libyens et d’autres nationalités, pour ceux que nos médias qualifient faussement de rebelles et freedom fighters, leur ont fourni des explosifs, de l’armement léger puis de l’armement lourd, ont bombardé avec leurs chasseurs les villes principales du pays, jusqu'à laisser le pays le plus développé d’Afrique sous un tas de débris, et finalement laisser cette bande de mercenaires lâchés dans le pays libres de piller, violenter, tuer et venger de leurs propres mains d’anciennes disputes et querelles (dans le cas des mercenaires libyens de tribus hostiles à l’ex-président Kadhafi). Après ce coup occidental déguisé en révolution démocratique libyenne, une grande partie des mercenaires-rebelles furent engagés dans une autre ingérence très grave : la fausse révolution syrienne. Beaucoup d’entre les Touaregs se trouvèrent finalement avec du matériel de guerre et des entraînements militaires nécessaires au succès de leur première cause indépendantiste au Mali et au Niger, et retournèrent dans leur terre natale. Et ils ne rentrèrent pas seuls, des rebelles-mercenaires d’autres nationalités les accompagnèrent, on peut d’ailleurs se questionner à ce sujet : parce qu'ils partagent la même foi en l'Islam, parce qu'ils se retrouvèrent frères d’armes, parce que ces hommes appuyèrent la cause touarègue?, la vérité est qu'ils arrivèrent au Mali bien organisés, avec des idées bien définies.

 

COUP D'ETAT AU MALI, INDÉPENDANCE DU TERRITOIRE DE L'AZAOUAD

Ces idées indépendantistes bien précises bénéficiant désormais d’un soutien armé en état et de rebelles bien entraînés conduit à ce qu'en quelques jours, le Mouvement National de Libération Azaouad (MNLA) réussissent à faire ce que jamais aucun autre mouvement indépendantiste touarègue n’avait obtenu ces 100 dernières années : conquérir (facilement) des villes importantes et/ou contrôler de vastes territoires, montrant pour la première fois de son histoire une capacité militaire capable de lutter d’égal à égal avec l’armée malienne. Pendant les 2 premiers mois de ce nouveau conflit (janvier/février 2012) les conquêtes, retraits et reconquêtes furent nombreux, provoquant une rupture de munitions de l’armée malienne et le désordre des institutions politiques et militaires à Bamako qui amena plusieurs militaires maliens de bas-étage (contrariés de l’humiliation subie au nord par les touarègues) à conduire un coup d’Etat en mars. Le coup effectué en vain fût condamné par l’occident, en l’occurrence, puisque le 8 avril l’ « ordre » se rétablit au pouvoir central à travers des médiations de pays voisins. Des rebelles furent amnistiés,  et les putschistes abandonnèrent leur intention de gouverner le Mali, remettant le pouvoir à l’Assemblée Nationale du pays, pendant que le président Amadou Touré démissionnait de son poste.

 

Cependant 2 jours avant, le 6 avril, l’organisation touarègue du MNLA avait déjà proclamé l’indépendance de l’Azaouad, ayant désigné Gao capitale du nouvel Etat touareg et affirmé par la voix de Mossa Ag Attaher qu'elle reconnaissait et entendait respecter les frontières internationales avec les pays voisins. Cette déclaration d’indépendance donna lieu à une vague de conquêtes touarègues pendant la période d’instabilité institutionnelle à Bamako, en mars, déclenchée par le coup d’Etat militaires, et de laquelle le MNLA profita pour s’emparer en seulement 3 jours des trois plus grandes villes de la région nord : Kidal, Gao et Tombouctou.

 

Notes

 

Références

Luís Garcia, Ribamar, Portugal, 03.02.2013

(Traduit par Claire Fighiera)

 

 
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